J’ai choisi la forme du site internet pour présenter l’évolution de ma réflexion sur mon métier d’enseignant, tout au long de cette année de formation. Avant d’expliquer ici ma démarche, je souhaite remercier d’emblée l’ensemble des formateurs de l’Université de Normandie-Caen et de la Mission Laïque Française. Cela a été pour moi une année passionnante.

Une nouvelle carrière qui s’ouvre. A la fois une joie et un défi. Natif de Paris, j’ai toujours voulu être journaliste, depuis un jeune âge. Passionné par l’Histoire et les Etats-Unis, je me suis logiquement orienté vers des études universitaires d’Histoire après un Baccalauréat B, à l’université Paris IV puis Paris I. Je garde un excellent souvenir de ces années d’études, qui m’ont aussi permis, en DEUG et en Licence, d’aborder la géographie et les sciences politiques en option. Tout en débutant dans le journalisme (presse écrite et télévision) en parallèle, j’ai obtenu une Maîtrise d’Histoire des relations internationales, option Amérique du Nord. Je n’ai, hélas, pas pu poursuivre le DEA que j’avais commencé, choisissant de me consacrer pleinement à ma carrière professionnelle.
Cette carrière s’est accélérée l’année de ma Maîtrise, en 1998, avec une collaboration à plein temps à l’émission La Marche du siècle sur France 3, emmenée par Jean-Marie Cavada, puis à la rédaction de France 2 et avec des articles régulièrement publiés dans L’Express, La Croix, Le Journal du dimanche et d’autres titres. Pendant huit ans, j’ai principalement couvert des questions de société et de politique françaises.
En 2004, un reportage au long cours aux Etats-Unis, d’une durée de trois mois pour le magazine Le Monde 2, suivi de plusieurs autres, m’a convaincu de m’installer aux Etats-Unis. C’est ainsi que je vis à Los Angeles depuis l’été 2006. J’y ai poursuivi ma carrière de journaliste, devenant correspondant aux Etats-Unis pour des médias francophones (Le Point, Le Monde, Le Parisien–Aujourd’hui en France, Le Soir…) et fondant mon agence de presse, France USA Media.
J’ai eu également la chance de pouvoir publier des livres, comme la première biographie en français de Barack Obama, après avoir suivi sa campagne de près, ou encore un livre sur Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev, pour lequel j’ai travaillé sur les archives présidentielles américaines et soviétiques, et qui m’a emmené à Moscou pour rencontrer l’ancien leader soviétique et à Hiroshima avec des survivants de la bombe atomique avec le président Obama. Cet ouvrage a ensuite été traduit en anglais et publié aux Etats-Unis notamment.
Cependant, après dix ans d’une activité intense aux Etats-Unis, j’ai ressenti le besoin de changer de cap. J’ai pris la décision nette de passer à autre chose. Ma passion de transmettre aux jeunes s’était confirmée et approfondie avec l’accueil de stagiaires français étudiants en journalisme dans le cadre de l’agence de presse que j’avais créée. Etant, entre temps, devenu père de deux garçons élevés dans le bilinguisme (français et anglais) à la maison et élèves du LILA depuis la Maternelle moyenne section, l’idée de me lancer dans l’éducation s’est imposée de façon naturelle.
Je ne me suis toutefois pas retrouvé dans une salle de classe face à des élèves immédiatement. Après un an passé à diriger l’Alliance Française de Los Angeles, j’ai rejoint l’équipe de l’administration du LILA, le Lycée international de Los Angeles. Entre 2018 et 2022, j’ai occupé le rôle de coordinateur pour l’outreach, une fonction « à l’américaine », entre la communication et les inscriptions, axée sur les relations extérieures.
J’ai beaucoup appris à ce poste sur le fonctionnement d’un établissement bilingue, situé sur quatre campus différents. J’y ai découvert le monde compétitif de l’éducation aux Etats-Unis, les décisions stratégiques ou quotidiennes au sein d’une équipe internationale et la communauté si diverse du LILA. Surtout, j’ai eu la chance de suivre de près les institutrices et instituteurs du premier degré, passant de nombreuses heures immergées dans leurs classes pour bien comprendre le curriculum de l’école. Cela m’a permis de voir comment le bilinguisme se met en place dès le plus jeune âge – dès la maternelle petite section dans notre établissement.
C’est finalement à la faveur de la pandémie du COVID-19 que je suis devenu enseignant. J’ai rejoint l’équipe pédagogique du secondaire à mi-temps en 2020, enseignant l’histoire-géographie en Cinquième et en Seconde, ainsi que les Sciences économiques et sociales (SES) en Seconde, tout en conservant à mi-temps mon emploi à l’administration centrale. Cette première année d’enseignement s’est faite à distance, en visio conférence. J’avoue que c’était difficile, mais l’excitation de cette nouvelle carrière qui s’ouvrait était bien plus forte.
Après une deuxième année également à mi-temps, j’ai rejoint l’équipe pédagogique à temps plein à partir de la rentrée de septembre 2022. Anneli Harvey et Mathieu Mondange, qui dirigent le collège et le lycée, et Michael Maniska, notre chef d’établissement, m’ont proposé de suivre cette formation M1EFE. J’ai immédiatement accepté avec enthousiasme. Car si jusqu’alors je me basais sur mes instincts, mon envie de transmettre et l’aide ponctuelle reçue de mes collègues, j’étais bien conscient de manquer de connaissances théoriques, de méthodes, d’outils pédagogiques et qu’il faudrait réellement terminer ma métamorphose en enseignant digne de ce nom. C’est ainsi que j’ai le privilège, aujourd’hui, de m’adresser à vous.
Avant d’entrer dans le détail de la problématique choisie, je vous propose de découvrir mon contexte d’enseignement, le Lycée international de Los Angeles.





