LE PORTFOLIO DE GUILLAUME SERINA 2022-2023

11th/1ère FB SES

11FB SES 

Q1: Comment un marché concurrentiel fonctionne-t-il?

Objectifs du chapître:

  • l’offre et la demande
  • comment les prix sont fixés
  • L’organisation des différents marchés
  • La concurrence

Introduction

Vidéo: le marché des fleurs, d’Hyères à Rungis

Voir le schéma sur les principaux échanges sur le marché aux fleurs.

  1. Comment les marchés sont-ils organisés?

Voir le document sur le marché de l’automobile, du neuf à l’occasion et répondre aux quatre questions.

  • Un marché est un ensemble de transactions d’achat et de vente d’un même produit. 
  • Les marchés n’existent pas spontanément.

Ils apparaissent quand sont instaurées les règles ou les institutions qui permettent leur bon fonctionnement: 

  • les droits de propriété, 
  • la monnaie, 
  • les systèmes de communication qui informent sur les prix ou la qualité des produits, 
  • les plateformes physiques ou dématérialisées d’échange, etc. 

Marché: ensemble des transactions d’achat (demande) et de vente (offre) sur un même produit, qui contribuent à déterminer son prix.

Les marchés sont donc eux-mêmes des institutions, avec des structures variables selon les produits, les pays et le cours de l’histoire.

Lire le texte “Les marchés sont des institutions”

Institution: Ensemble des règles et d’organisations qui donnent un cadre aux interactions entre les individus et permettent qu’elles se coordonnent.

  • Une caractéristique essentielle d’un marché est le degré de concurrence qui existe entre les acteurs du marché proposant le produit à la vente. 

L’intensité de la concurrence entre les vendeurs détermine leur capacité à influencer le prix du produit. 

  • Le marché est en concurrence parfaite si les vendeurs sont tellement nombreux qu’aucun n’a la capacité d’exercer une influence sur le prix auquel s’échangent les produits: ils sont preneurs de prix. 
  • Sinon, la concurrence est imparfaite: en situation d’oligopole, cas le plus fréquent, quand le nombre de vendeurs est réduit, au point qu’ils peuvent individuellement fixer un prix en tenant compte de ce que font les autres; et en monopole lorsqu’un seul producteur fournit le marché et fixe son prix.

Concurrence parfaite: la concurrence est dite parfaite si aucun acteur sur le marché ne peut à lui tout seul influencer le prix du marché, qui s’impose donc à tous. C’est le cas notamment s’il y a un grand nombre d’offreurs et de demandeurs, sans barrières à l’entrée.

Preneur de prix: situation d’un agent qui n’est pas en capacité d’influencer le prix du marché.

  • Comme les autres structures de marché, le marché en concurrence parfaite est un modèle: une représentation simplifiée des marchés réels, construite dans le but de mieux les comprendre. 

Les hypothèses de ce modèle sont très fortes: nombre élevé d’offreurs et de demandeurs (atomicité), qui entrent et sortent librement (fluidité et mobilité), homogénéité du produit, information parfaite (transparence).

Voir le schéma: Le modèle du marché en concurrence parfaite.

  1. Comment le prix se fixe-t-il sur un marché concurrentiel?
  • Sur un marché concurrentiel, le prix constitue un moyen privilégié de coordonner les décisions d’acheteurs et de vendeurs qui ont des intérêts opposés: les premiers souhaitent acheter le moins cher possible, et vendre le plus cher possible pour les seconds.

Voir la vidéo: la représentation graphique du marché

  • La demande est la quantité que les consommateurs sont prêts à acheter compte tenu du prix de marché. Souvent, quand le prix augmente, la quantité demandée décroît, mais plus ou moins vite selon l’élasticité du prix.

L’offre est la quantité que les producteurs souhaitent vendre, compte tenu des coûts de production qu’ils supportent et du prix du marché. 

Produire de plus grandes quantités entraîne des coûts qui augmentent plus que proportionnellement à court terme, quand il n’est pas possible de changer la taille des installations par exemple. Donc le coût de production de chaque unité supplémentaire (le coût marginal) est croissant. 

Les producteurs cherchent à maximiser leur profit, et produisent donc toutes les unités qui coûtent moins que ce qu’elles rapportent (coût marginal < prix). Donc, sous ces hypothèses, quand le prix augmente, la quantité offerte augmente. 

  • Le marché peut alors être représenté par la courbe d’offre et la courbe de demande qui se croisent en un point: l’équilibre, correspondant à un prix qui égalise les quantités offertes et demandées. 

L’équilibre est une situation stable, mais cet équilibre peut être perturbé par une modification de l’offre ou de la demande, qui déplace une des deux courbes et fait apparaître un nouvel équilibre.

Voir la courbe de l’offre

Voir la courbe de la demande

AUTOÉVALUATION: compléter avec les mots suivants

EXERCICES p.16-17 Manuel Hachette

Comment le prix influence-t-il la quantité demandée?

Lire le texte et l’étude sur l’achat du riz

Comment le prix influence-t-il la quantité d’offre?
Faire l’exercice

Faire l’exercice: l’équilibre du marché concurrentiel.

AUTOEVALUATION: Vrai ou faux?

  • Le déplacement des courbes d’offre et demande

Les courbes d’offre et de demande se déplacent et ont pour conséquence de modifier le prix.

Voir vidéo: “Déplacement courbes offre et demande”

(Recopier et prendre note du dernier slide de la video)

OU Vidéo Khan Academy

  1. Qu’est-ce que les agents gagnent à échanger sur un marché?
  • Sur le marché, les acteurs économiques effectuent des échanges libres et volontaires, car ceux-ci sont mutuellement avantageux pour l’acheteur et le vendeur, c’est-à-dire qu’ils permettent un gain à l’échange. 

Gain à l’échange: avantage retiré de l’échange par un agent. Les surplus est une mesure du gain à l’échange.

En effet, la courbe de demande décroissante reflète l’idée que certains consommateurs seraient prêts à payer un prix plus élevé que le prix qui se fixe sur le marché pour consommer le produit: c’est l’origine du surplus du consommateur. 

De même, la courbe d’offre croissante reflète l’idée que le coût marginal est croissant, mais qu’il est inférieur au prix de marché pour une partie des quantités produites: c’est l’origine du surplus de producteur.

Surplus du consommateur: Gain à l’échange résultant d’un prix payé inférieur au prix maximal que le consommateur aurait été prêt à payer pour le produit.

Surplus du producteur: Gain à l’échange résultant d’un prix de vente supérieur au prix minimal que le producteur aurait été prêt à recevoir pour le produit (le coût marginal).

  • Sur un marché en concurrence parfaite, à l’équilibre, le prix et la quantité échangée maximisent le surplus total, obtenu en additionnant les surplus des consommateurs et des producteurs. 

Voir la vidéo Surplus et gains à l’échange ici

Sous les hypothèses très contraignantes de ce modèle, l’équilibre est donc efficace. 

Au contraire, toute intervention sur les prix (notamment une taxe forfaitaire, mais aussi un prix minimum ou maximum) ou les quantités (quotas) réduit le surplus total et est donc inefficace.

Taxe forfaitaire: Impôt d’un montant fixe et non proportionnel.

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Comment les marchés imparfaitement concurrentiels fonctionnent-ils?

Introduction

Vidéo “Pouvoir de marché”

La concurrence est dite “parfaite” si aucun acteur sur le marché ne peut tout seul influencer le prix du marché, notamment s’il y a un grand nombre d’offreurs et de demandeurs, sans barrière à l’entrée. 

S’il n’y a qu’un seul offreur (monopole) ou un petit nombre d’offreurs (oligopole) et des barrières à l’entrée, la concurrence est “imparfaite”: les offreurs ont la possibilité de fixer leur prix.

Voir: “Deux marchés où la concurrence est imparfaite” (répondre aux questions)

  1. Quelles sont les sources de pouvoir de marché?
  • Dans le modèle de concurrence parfaite, le prix de vente s’impose à l’entreprise, alors qu’en situation de concurrence imparfaite, les entreprises disposent d’une marge de manœuvre pour déterminer leur prix de vente. Elles ont alors un pouvoir de marché qui peut avoir plusieurs sources.

Def Pouvoir de marché: le pouvoir de marché d’une entreprise correspond à sa marge de manœuvre en matière de détermination des prix de vente. Plus il est important, plus son prix de vente peut s’écarter du prix qui s’établirait en concurrence parfaite.

Lire texte “Des coûts fixes qui constituent des barrières à l’entrée”

  • Il existe diverses barrières à l’entrée sur le marché. L’Etat peut décider pour des raisons d’intérêt général de restreindre l’accès au marché aux seules entreprises autorisées (ex: les pharmacies en France). 

Il est également possible que seulement quelques entreprises aient accès à une ressource rare, comme par exemple un domaine viticole (qualité du sol, des vignes). 

Enfin, les entreprises peuvent innover et être protégées temporairement de la concurrence par des brevets.

Def Barrières à l’entrée: Ensemble des obstacles qui vont rendre difficile, voire impossible l’arrivée de nouveaux offreurs et demandeurs sur le marché.

Voir le schéma Principales Barrières à l’entrée

  • Un pouvoir de marché peut aussi apparaître lorsqu’un nombre très limité d’offreurs est présent sur le marché. 

Cela peut être dû à des stratégies de concentration des entreprises, ou bien à des coûts fixes très élevés pour accéder au marché qui ne permettraient pas aux entreprises d’être rentables si elles étaient en plus grand nombre (cas de la téléphonie mobile en France). 

Les entreprises peuvent alors être tentées de former une entente, par exemple en se mettant d’accord pour pratiquer des prix plus élevés et accroître leurs profits.

Def Entente: Accord entre des offreurs déjà présents sur le marché pour limiter la concurrence qui s’exerce entre eux (par exemple, en se mettant d’accord pour pratiquer des prix plus élevés).

  1. Comment est déterminé le prix sur un marché en monopole?

Def Monopole: structure de marché où il n’y a qu’un seul offreur.

Vidéo: Monopoles et oligopoles

Voir “Monopoles d’hier et d’aujourd’hui”

Vidéo: The evolution of anti-trust laws (historique)

  • La situation où une seule et unique entreprise est présente sur le marché, formant ainsi un monopole, est qualifiée de concurrence imparfaite.
  • On distingue les monopoles :

– créés par la loi (monopoles institutionnels), 

– qui résultent de stratégies d’innovation des entreprises (monopoles d’innovation)

– qui résultent de l’exclusivité du droit d’exploitation d’une ressource (monopoles de ressources).

Un monopole peut aussi se justifier par la présence de coûts fixes extrêmement élevés, qui ne permettraient pas à plusieurs entreprises d’être présentes sur le marché tout en étant rentables. On parle alors de monopoles naturels.

  • Le monopole est “faiseur de prix”: il dispose d’une bien plus grande marge de manœuvre pour déterminer son prix de vente qu’en situation de concurrence. 

Il doit toutefois tenir compte du fait que plus le prix est élevé et plus la demande est faible. 

Ainsi, lorsqu’il diminue le prix pour vendre davantage, on observe que sa recette totale augmente, mais de moins en moins vite. 

Texte: “Dyson, un monopole “faiseur de prix”

  • Le monopole a intérêt à augmenter sa quantité de production tant qu’une unité supplémentaire produite lui permet d’accroître son profit, c’est-à-dire tant que cette dernière unité rapporte plus qu’elle ne coûte. 
  • Finalement, l’équilibre du monopole est moins efficace que celui de concurrence car les consommateurs paieront un prix plus élevé et les quantités produites seront moindres.

Voir L’inefficacité de l’équilibre du monopole

Vidéo: Facebook et Google

(Exercice: Comment le monopole maximise-t-il son profit?)

  1. Pourquoi les oligopoles peuvent-ils mener à des ententes?

Revoir la vidéo: Monopoles et oligopoles

Voir la vidéo Le marché des lunettes: 60 Minutes

Def Oligopole: Structure de marché où il n’y a qu’un petit nombre d’offreurs.

Voir “Un exemple d’oligopole: le marché des fabricants de smartphones”

  • Dans un oligopole, seuls quelques offreurs sont présents sur le marché. Il s’agit, comme pour le monopole, d’une situation de concurrence imparfaite. 

Le “dilemme du prisonnier” nous permet de comprendre les stratégies qui peuvent être mises en place par les entreprises dans ce cas de figure.

Ce dilemme montre que si chaque entreprise prend sa décision indépendamment des autres et essaie de satisfaire son intérêt individuel, cela éloigne du résultat le plus favorable pour l’ensemble. 

Voir vidéo: Le dilemme du prisonnier

Voir “Oligopoles et dilemme du prisonnier”

Dans le cas de deux entreprises qui ont la possibilité de maintenir des prix élevés ou de les baisser, le dilemme du prisonnier montre que chaque entreprise aura intérêt à baisser son prix, au détriment de leurs profits respectifs. Autrement dit, les intérêts individuels de chaque entreprise s’opposent à leur intérêt collectif.

Par conséquent, les entreprises en situation d’oligopole sont incitées à s’entendre et former un cartel. 

Voir le dessin “cartel des yaourts”

  1. Comment préserver les avantages de la concurrence pour les consommateurs?
  • Pour que tous les agents économiques (consommateurs et entreprises) puissent bénéficier des bienfaits de la concurrence, il est nécessaire de la préserver et d’empêcher les pratiques anti-concurrentielles. 

C’est le rôle de la politique de la concurrence, qui est mise en œuvre par l’Autorité de la concurrence et la Commission européenne. 

Voir le schéma dans “cartel des yaourts” (reproduire le schéma dans le cahier)

Graphique: l’Autorité de la concurrence a le pouvoir d’infliger des sanctions

  • Il s’agit de lutter contre les ententes injustifiées, par exemple lorsque les entreprises se mettent d’accord pour pratiquer des prix plus élevés au détriment des consommateurs. 

La politique de concurrence vise également à lutter contre les abus de position dominante, lorsqu’une entreprise ayant une part de marché importante se sert de cette situation pour restreindre la concurrence.

La commission européenne a ainsi reproché à Google d’avoir abusé de sa position dominante dans la recherche en ligne pour favoriser son propre comparateur de prix Google Shopping. En ayant recours à des enquêtes ou à la procédure de clémence, les pouvoirs publics peuvent sanctionner ces pratiques illégales.

ici

  • Enfin, ces instances surveillent les opérations de fusions-acquisitions des entreprises. Elles ont la possibilité d’interdire de telles opérations si celles-ci nuisent aux intérêts des consommateurs.

Texte: des fusions-acquisitions étroitement surveillées

Définition Politique de la concurrence: Ensemble des mesures prises par les pouvoirs publics pour favoriser la concurrence et empêcher les pratiques anticoncurrentielles.

Def Abus de position dominante: Il s’agit d’une entreprise qui a acquis une position si forte sur le marché qu’elle peut se servir de cette position pour restreindre le jeu de la concurrence.

Def Fusions: Opérations financières visant à mettre en commun les patrimoines de deux entreprises pour former une nouvelle entité. 

Def Acquisitions: Opérations financières visant au rachat d’une entreprise par une autre.

Quelles sont les principales défaillances du marché?Voir la vidéo d’IntroductionDef Défaillance du marché: Situations dans lesquelles le marché n’est pas efficace.Il y a défaillance du marché si le prix qui s’y fixe n’envoie pas le signal qui permet d’aboutir à un équilibre mutuellement bénéfique pour les consommateurs et les producteurs.

  1. Pourquoi le marché est-il défaillant en présence d’externalités?La première défaillance du marché provient des externalités: effets non intentionnels de l’action d’un agent économique sur le bien-être d’un ou plusieurs autres agents économiques sans qu’il n’y ait de compensation financière. 

L’externalité est dite positive lorsque l’effet produit est une amélioration du bien-être, et négative dans le sens contraire. Voir deux vidéos sur les externalitésDef Externalités: Effets produits par un agent économique lorsqu’il procure à autrui, par son activité, sans compensation monétaire, un avantage gratuit (positive) ou un dommage (négative).Texte: Coût ou gain: les externalités de l’agricultureL’absence de compensation financière est la cause de cette défaillance, car les agents économiques ne sont pas incités à limiter ou accroître leur activité en cas d’externalités, c’est pourquoi le marché est défaillant. Graphiques: le coût de la pollution de l’air

  • L’Etat peut remédier à cette défaillance en taxant les externalités négatives ou en subventionnant les externalités positives. 

Ainsi, en France, les ménages sont incités à abandonner leurs véhicules polluants et à les remplacer par des voitures électriques. Voir: Limiter les émissions de carbone en les taxant: L’Etat a recours à des incitations pour encourager les externalités positives, c’est le rôle de la prime à la conversion, ou à des sanctions, pour décourager les externalités négatives, c’est le rôle du malus écologique. Les pouvoirs publics obligent ainsi les agents à tenir compte de l’impact de leur comportement sur les autres en donnant une valeur monétaire à ces externalités. L’Etat peut aussi encadrer les activités par des normes et des réglementations. Lutter contre la surpêcheComment internaliser les externalités

  1. Pourquoi le marché est-il défaillant en présence de biens collectifs et communs?

Vidéo: Le marché est défaillant en présence de biens communs et biens collectifsLa deuxième défaillance du marché survient en présence des biens collectifs et des biens communs. Ces biens sont non excluables: ils sont utilisés gratuitement sans qu’on ne puisse exclure quiconque de leur accès.

  • Dans le cas des biens collectifs, qui sont non excluables et également non rivaux, il est possible de consommer le bien ou le service sans l’avoir payé. C’est le comportement de “passager clandestin”. 

Ceci conduit à ce que les biens collectifs ne soient pas produits en quantité suffisante, alors même qu’ils sont bénéfiques pour tous. L’Etat peut financer leur production, s’ils sont considérés comme indispensables pour la population. Ils deviennent alors des biens publics (comme l’éclairage public, la Défense nationale, la police). Voir le texte: Les biens collectifs, une approche plus politique

  • Les biens communs sont non excluables, mais rivaux. 

Texte: les biens communs, une ressource communeChacun a donc intérêt à se précipiter pour les consommer même si ces comportements menacent, à terme, les ressources disponibles. C’est ce que l’on observe pour certaines ressources naturelles, comme le poisson pêché en haute mer. Pour éviter cette “tragédie des communs”, l’Etat peut réglementer, taxer, mais aussi mettre en place des droits de propriété. En effet, privatiser une ressource c’est la rendre excluable. Mais c’est aussi garantir que l’argent, propriétaire, veillera à sa préservation dans le sens de ses intérêts.Lire texte: la gouvernance décentralisée des biens communsVidéo: les biens communs

  1. Pourquoi le marché est-il défaillant quand l’information est imparfaite?

En présence d’asymétries d’information, c’est-à-dire lorsque dans une transaction, un agent dispose d’informations que l’autre n’a pas, le marché est défaillant.Voir la vidéo Asymétrie d’information et sélection adverseDef Asymétrie d’information: information inégale entre les offreurs et les demandeurs, sur les propriétés du produit échangé ou sur les comportements des autres.Voir le document “Asymétrie d’information”Exemple:  sur le marché des véhicules d’occasion, seuls les vendeurs connaissent la qualité véritable de leur véhicule. Pour les acheteurs, les bons et les mauvais véhicules sont difficiles à distinguer avant l’achat. Cette asymétrie d’information les pousse à demander un prix moyen plus bas que les prix proposés, ce qui provoque une sélection adverse: le retrait des bonnes voitures par les vendeurs. Seules les mauvaises voitures finissent par être proposées et la méfiance des acheteurs s’accroît, jusqu’à ce que toute transaction sur le marché disparaisse. Def Sélection adverse: Situation d’asymétrie d’information lorsque, sur un marché, les acheteurs ne disposent pas de toute l’information sur la qualité des biens qu’ils désirent acquérir, contrairement aux vendeurs.Voir le graphique sur la sélection adverse ou l’antisélectionPour éviter cette défaillance de marché, l’Etat peut contrôler l’information mise à disposition des consommateurs ou obliger les producteurs à révéler l’information. C’est notamment le rôle des labels ou certifications (comme le contrôle technique pour les véhicules d’occasion). Voir le document Comment limiter l’asymétrie d’informationLire texte sur les recherches empiriques sur l’asymétrie d’informationDans le cas de l’aléa moral, la signature du contrat conduit celui qui détient le plus d’informations à modifier son comportement dans le sens de ses intérêts. Exemple: quand un assuré prend davantage de risques.iciDef Aléa moral: Situation dans laquelle, après la signature d’un contrat, une des parties modifie son comportement au détriment de l’autre.Dans cette situation, l’autre contractant peut renoncer à signer un contrat, ce qui empêche la réalisation d’un échange mutuellement avantageux. Voir la vidéo sur l’aléa moralLire texte sur l’aléa moral dans l’assurancePour lutter contre l’aléa moral, les assureurs mettent en place des incitations comme les bonus-malus et les franchises des assurances automobile, ou des systèmes de contrôle. Quand ces dispositifs ne sont pas suffisants pour limiter l’aléa moral, les pouvoirs publics peuvent choisir d’assurer eux-mêmes les personnes, comme dans le cas de l’assurance chômage.Voir texte/tableau: lutter contre l’aléa moralLire texte: le rôle des associations de consommateursVoir video UFC Que Choisir?Serie d’exercices

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Comment les agents économiques se financent-ils?

Introduction

Le financement est au cœur des activités économiques car les ressources des agents économiques ne leur permettent pas toujours de satisfaire leurs dépenses. 

Ainsi, le système de la dette est apparu en même temps que les premières formes d’écriture, il y a 5000 ans en Mésopotamie.

  1. Qu’est-ce que le financement?

Le rôle de la finance est de répondre aux besoins de financement d’une partie des agents économiques qui apparaissent quand leurs dépenses sont supérieures à leurs revenus. 

En France, c’est le cas généralement des entreprises, mais aussi, depuis les années 1970, de l’Etat. Ces besoins sont financés par les capacités de financement d’autres agents économiques, dont les dépenses sont inférieures à leurs revenus. 

Besoin et capacité de financement: Lorsque les revenus d’un agent sont supérieurs à ses dépenses, il dégage une capacité de financement. Inversement, si ses revenus sont inférieurs à ses dépenses, il a un besoin de financement.

2) Comment les ménages se financent-ils?

  • Le revenu disponible des ménages est obtenu en ajoutant aux revenus primaires (revenus du travail et de la propriété) les prestations sociales reçues des administrations publiques et, en retranchant les cotisations sociales et impôts directs versés pour leur financement. 

Ce revenu disponible est utilisé pour la consommation et pour l’épargne, qui peut servir à financer les dépenses d’investissement que sont les achats de logements ou à effectuer des placements financiers. 

Epargne: Partie du revenu disponible qui n’est pas consommée.

Recopier le schéma et faire l’exercice “L’utilisation du revenu disponible des ménages” 

  • Les ménages ont des situations contrastées: certains dégagent une capacité de financement, lorsque les sommes dépensées pour leurs investissements sont inférieures aux sommes épargnées; d’autres dégagent un besoin de financement, dans la situation inverse.

Lire texte: Crédit à la consommation

Voir le graphique: Financement de son logement

Voir le graphique: Acheter une voiture à crédit: combien ça coûte?

3) Comment les entreprises se financent-elles?

Voir vidéo: le financement des entreprises

Voir Autofinancement ou financement externe?

  • Les entreprises disposent de plusieurs ressources: l’excédent brut d’exploitation: c’est le profit, obtenu en déduisant du chiffre d’affaires les coûts de production liés aux achats de consommations intermédiaires, aux salaires versés et aux impôts sur la production. 

C’est l’autofinancement (ou financement interne)

Def Excédent brut d’exploitation (EBE): Mesure du profit ou des pertes de l’entreprise liés directement à l’activité de production (l’exploitation). Il se calcule en faisant la différence entre le chiffre d’affaires et l’ensemble des coûts de production.

Mais rares sont les entreprises qui peuvent financer leur investissement avec le profit de l’année écoulée, ou avec l’ensemble des profits du passé qu’elles auraient mis en réserve, par simple autofinancement.

  • Les entreprises ont donc également recours à des financements externes
  • Elles peuvent emprunter auprès d’intermédiaires financiers, les banques, qui collectent des dépôts auprès d’agents à capacité de financement et accordent des crédits. 

L’emprunt bancaire joue toujours un rôle important, notamment pour les PME. 

  • Mais depuis les années 1980, les grandes entreprises se financent de plus en plus en émettant et en vendant des titres sur des marchés financiers mondialisés et informatisés. Ces titres sont achetés par les agents à capacité de financement. 

Def Financement externe: Financement par recours direct (marchés financiers) ou intermédié (emprunt bancaire) aux capacités de financement d’autres agents.

Voir la vidéo: La bourse et le financement des entreprises

  • Les deux titres financiers les plus simples et les plus fréquents sont les obligations, titres qui représentent une dette pour l’entreprise, et les actions, titres de propriété sur une partie du capital social d’une société.  

Les actions donnent un droit de vote lors de l’assemblée générale annuelle (sur la nomination des dirigeants, sur l’utilisation des profits), mais rapportent des dividendes variables car prélevés sur l’excédent brut d’exploitation.

Voir la vidéo: le marché des actions

Les obligations rapportent à leurs détenteurs des intérêts, avec un taux défini généralement à l’avance, mais elles ne donnent pas de pouvoir sur les orientations de l’entreprise. 

Voir la vidéo: Qu’est-ce qu’une obligation?

Def Marchés financiers: Ensemble des transactions d’achat et de vente de titres financiers comme les actions ou les obligations.

Def Actions: Titres de propriété sur une partie du capital d’une entreprise, qui peuvent être revendus généralement sur les marchés financiers.

Def Obligations: Titres de créance sur un emprunteur, qui peuvent être revendus généralement sur les marchés financiers, contrairement aux emprunts bancaires.

Graphique: Comment se financent les entreprises en France

4) Quel est le rôle du taux d’intérêt dans le financement de l’économie?

Video. Le taux d’intérêt

  • Le taux d’intérêt joue un rôle essentiel dans le financement de l’économie. Tout d’abord, il représente le coût de l’emprunt. 

Qu’il prenne la forme d’un crédit bancaire ou d’une émission d’obligations, l’emprunt suppose le remboursement de la somme empruntée (le principal) et le paiement d’intérêts, calculés selon un taux annuel qui est un pourcentage de la somme que l’emprunteur doit.

Def Taux d’intérêt: 

Pour l’emprunteur, le taux d’intérêt est le coût de l’emprunt. Il va déterminer la somme à débourser en plus du remboursement du montant emprunté. 

Pour le prêteur (la banque par ex.) le taux d’intérêt rémunère le service de prêt. Le taux d’intérêt est le prix qui se fixe sur le marché des fonds prêtables.

Voir du Taux d’intérêt nominal au taux d’intérêt réel

Taux d’intérêt nominal = Taux d’intérêt réel + inflation

  • Le taux d’intérêt est la rémunération de l’agent qui prête, le créancier, qu’il soit banquier ou simple acheteur d’une obligation. 

Celui-ci prend un risque en prêtant: le risque que l’emprunteur ne rembourse pas, appelé le “risque de défaut”. Et il cherche à obtenir une rémunération pour accepter de renoncer à la pleine disponibilité des sommes prêtées.

  • Le marché des fonds prêtables est un des modèles utilisés pour expliquer le niveau du taux d’intérêt dans une économie. 

Quand le taux d’intérêt augmente, la demande de fonds prêtables des emprunteurs diminue car le coût de l’emprunt augmente, mais l’offre de fonds prêtables des créanciers croît car leur rémunération est plus forte. 

Le taux d’intérêt d’équilibre et le montant des prêts se fixent à l’intersection entre les courbes représentant cette demande et cette offre de fonds. 

Exercices sur le taux d’intérêt

5) Comment piloter le budget de l’Etat?

  • L’Etat est un agent économique particulier: par sa taille, parce qu’il ne peut pas disparaître suite à un défaut de paiement, et parce qu’il est le seul agent dont les ressources proviennent principalement des prélèvements obligatoires (taxes et impôts)

Au sens large, il comprend l’ensemble des administrations publiques: centrales, locales, et sécurité sociale. 

La différence entre les ressources de l’Etat et ses dépenses fait apparaître un solde public (appelé “solde budgétaire” quand il s’agit du seul Etat central) qui peut être excédentaire ou déficitaire, indiquant respectivement une capacité ou un besoin de financement. 

Les déficits publics sont financés par des emprunts via la vente d’obligations d’État sur les marchés financiers.

Def Solde public/Solde budgétaire: 

Le solde public est la différence entre les recettes et les dépenses des administrations publiques. Le solde budgétaire s’applique aux seules administrations centrales d’Etat. Quand il est négatif, il y a déficit. Quand il est positif, il y a excédent.

  • Une politique de relance budgétaire consiste pour l’Etat à accepter un solde déficitaire en augmentant les dépenses ou en baissant les prélèvements obligatoires, ce qui a un effet de relance sur la demande et donc sur la croissance. 

Cependant, le déficit public conduit à une hausse de la dette publique. Un effet d’éviction peut alors apparaître, si la hausse de la demande de fonds prêtables par l’Etat se traduit par une hausse du taux d’intérêt. 

Dans ce cas, les dépenses privées (consommation et investissement) baissent, comme si elles étaient évincées par les dépenses publiques.

Def Politique de dépenses publiques: Mesures qui visent à augmenter les dépenses publiques ou à baisser les prélèvements obligatoires pour relancer la demande.

Def Effet d’éviction: Baisse des dépenses privées (investissement et consommation) provoquée par une hausse des dépenses publiques.

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Qu’est-ce que la monnaie et comment est-elle créée?

Introduction

L’économie des Homo sapiens chasseurs-cueilleurs reposait sur des échanges qui ne nécessitaient pas de monnaie: les produits de la chasse et de la cueillette s’échangeaient sous forme de don.

Progressivement, des objets vont servir de signe extérieur de statut social ou de symbole religieux et être désirés par tous. Ce sont les ancêtres lointains de la monnaie.

Vidéo: Qu’est-ce que la monnaie?

  1. Quelles sont les formes et les fonctions de la monnaie
  • Appelés “pré-monnaies”, ces objets ne remplissaient pas encore les fonctions de la monnaie d’aujourd’hui. Il s’agissait d’objets (bétail, métaux précieux, coquillages, outils…) avec une signification religieuse ou politique, qui servaient de moyen d’échange limité: pour des sacrifices religieux, pour payer les impôts, pour compenser une famille quand l’une des filles se mariait…

Vidéo: Toutes ces choses qui ont été utilisées comme monnaie

Voir Frise chronologique sur les formes de monnaie

  • Ces premières formes de monnaie ne sont pas apparues pour favoriser les échanges, mais c’est bien l’effet qu’elles ont eu. 
  • A partir de l’invention par Crésus au VIe siècle avant JC des premières pièces de monnaie (en Lydie, actuelle Turquie), la monnaie assure trois fonctions essentielles:
  • Intermédiaire des échanges, accepté en règlement sur un territoire donné
  • Réserve de valeur
  • Unité de compte

Acceptée par tous, elle est une institution essentielle au fonctionnement de l’économie.

Voir Texte: Simple instrument ou institution sociale?

Schéma & Texte: Les fonctions de la monnaie

Monnaie: Actif financier qui a un pouvoir libératoire généralisé, c’est-à-dire qui est accepté en règlement de toute dette sur un territoire donné.

  • Aujourd’hui, il y a deux formes de monnaie:
  • monnaie fiduciaire (billets et pièces) 
  • monnaie scripturale (carte bancaire, chèque, virements, applications…)

Formes de la monnaie: Modalités diverses des monnaies au cours des âges, des formes matérielles aux formes immatérielles d’aujourd’hui.

  1. Qui crée la monnaie?
  • En France et dans la zone euro, moins de 10% de la monnaie en circulation (la masse monétaire) est constituée de billets et pièces émis par la banque centrale. Les 90% restant sont des dépôts bancaires gérés par les banques commerciales. Elles créent cette monnaie par un simple jeu d’écriture: monnaie “scripturale”.

Vidéo: Création monétaire, un taux d’intérêt à contrôler

  • C’est principalement par l’octroi de crédits bancaires que la monnaie est créée. Le crédit s’accompagne d’une promesse de remboursement de l’emprunteur: une créance possédée par la banque sur l’emprunteur. 

En contrepartie, la banque inscrit une somme sur le compte de l’emprunteur. Les banques ne se contentent donc pas de prêter à certains clients la monnaie déposée par d’autres sur leur compte bancaire: dans ce cas, il n’y a pas de création monétaire. 

Ce sont en effet d’abord les “crédits qui font les dépôts” et non “les dépôts qui font les crédits”.

Voir Texte: Les crédits font les dépôts

  • La monnaie créée par le crédit et déposée sur le compte de l’emprunteur est ensuite à sa disposition pour être utilisée. Il peut payer des achats en monnaie scripturale ou fiduciaire. 

Sauf si l’emprunteur utilise cette monnaie avec d’autres clients de la même banque, la monnaie créée sort du bilan de la banque. Cela suppose des échanges avec d’autres banques ou avec la banque centrale, ce qui limite la création monétaire. 

Voir: L’écriture comptable d’un crédit

Création monétaire: augmentation de la masse monétaire en circulation dans l’économie. Elle se fait principalement par les crédits octroyés par les banques commerciales.

Crédit bancaire: prêt octroyé par une banque à un emprunteur. Celui-ci doit rembourser la somme empruntée (le principal) et payer des intérêts.

Banque: société financière qui dispose du droit d’accorder des crédits en créant de la monnaie scripturale et de collecter les dépôts auprès des particuliers. 

Exercice

  1. Quel est le rôle de la banque centrale?
  • Les premières banques centrales (banque de Suède créée en 1668) étaient des banques auxquelles l’Etat accordait le monopole de l’émission des billets. 

Avec le développement des grandes banques et de l’utilisation des comptes bancaires, la banque centrale est devenue la “banque des banques” car toutes les banques ont obligatoirement un compte auprès  d’elle, les “réserves bancaires”. 

Cela lui permet de garantir la stabilité de la monnaie ainsi que sa liquidité, sous toutes ses formes: sa capacité à régler des achats immédiatement et sans frais. 

Pour cela, la banque centrale crée de la monnaie centrale sous deux formes: les billets d’une part, et les dépôts des banques à la banque centrale, qu’elles peuvent changer à tout moment contre des billets en fonction des besoins de la clientèle d’autre part.

Banque centrale: institution, généralement publique, considérée comme “la banque des banques”. Elle dispose du monopole d’émission de la monnaie centrale, que tous doivent accepter dans les paiements sur un territoire. Cette monnaie prend deux formes: fiduciaire (les billets et les pièces) et scripturale (les comptes des banques auprès de la banque centrale).

Voir Les banques commerciales ont besoin de monnaie Banque centrale

  • Les banques se prêtent et empruntent de la monnaie centrale sur un marché (le marché monétaire ou interbancaire), ce qui leur permet d’effectuer les règlements demandés par leurs clients. 

Le taux d’intérêt interbancaire qui s’y fixe, pour des prêts à court terme (de 24 heures à quelques mois) est toujours compris entre deux taux d’intérêt directeurs que fixe la banque centrale: le taux d’intérêt qu’elle verse aux banques pour rémunérer leurs réserves (taux des facilités de dépôt) et le taux d’intérêt qu’elle reçoit des banques lorsqu’elle leur prête de la monnaie centrale (taux de refinancement).

Voir La banque centrale pilote le taux d’intérêt interbancaire

Marché monétaire: aussi appelé marché interbancaire. C’est le marché où les banques et les grandes entreprises empruntent et se prêtent de la monnaie centrale. Cette monnaie centrale est plus ou moins abondante selon les prêts accordés par la banque centrale aux banques.

  • C’est en fixant le niveau de ses taux d’intérêt directeurs que la banque centrale mène la politique monétaire, car ils bornent le taux auquel les banques se prêtent sur le marché monétaire, et donc les taux auxquels celles-ci prêtent aux autres acteurs économiques. 

Dans la zone euro, l’objectif principal de la BCE est la stabilité des prix: une hausse annuelle du niveau des prix  proche mais inférieure à 2%.

Ainsi, si l’inflation dépasse cette borne, en principe, la BCE décide d’augmenter ses taux  directeurs, ce qui rend les crédits plus chers, freine la demande et donc la hausse des prix, ce qui contribue à rétablir l’objectif d’inflation, mais dégrade l’activité économique et la croissance.

Au contraire, si le taux d’inflation est trop faible, la BCE baisse ses taux directeurs pour rendre le crédit meilleur marché. Dans les faits, particulièrement depuis la crise des subprimes de 2007-2008, la BCE mène une politique qui suit également d’autres objectifs, comme la stabilité du système financier, avec d’autres moyens que les seuls taux directeurs, descendus jusqu’à 0%, voire à des niveaux négatifs.

Voir Les objectifs des banques centrales européennes

Vidéo: Depuis quand l’euro existe?

Taux d’intérêt: prix payé pour emprunter une somme, ou reçu en rémunération d’un placement. Ce prix est un pourcentage annuel.

Niveau des prix: il est mesuré par l’indice des prix à la consommation (IPC). Cet indice synthétique permet d’estimer, entre deux périodes données, l’inflation: la variation moyenne des prix des produits consommés par les ménages.

Schéma Récapitulatif Monnaie

Exercice Testez vos connaissances

11FB: SPECIALITE SES

COMMENT LA SOCIALISATION CONTRIBUE-T-ELLE À EXPLIQUER LES DIFFÉRENCES DE COMPORTEMENTS DES INDIVIDUS?

Introduction

  • Comment distinguer la socialisation primaire de la socialisation secondaire?
  • Comment les configurations familiales agissent-elles sur la socialisation primaire?
  • Comment se construisent les préférences politiques au cours de la socialisation?
  • Quelles sont les différentes modalités de la socialisation conjugale?
  • En quoi l’univers professionnel participe-t-il à la socialisation secondaire?
  • Comment se construisent les trajectoires paradoxales?

Voir Quelques questions pour commencer Google Classroom

Rappel de ce qu’est la socialisation:

C’est le processus d’intériorisation des normes et des valeurs. Elle se fait par imprégnation, par l’imitation et l’interaction avec autrui ou par inculcation, c’est-à-dire de manière plus explicite à travers des sanctions. Celles-ci peuvent être positives (encouragement, sourire, récompense) ou négatives (punition, exclusion, moqueries).

→ Lire: Muriel Darmon, La Socialisation, éditions Armand Colin.

Définition de “Norme”: Règle de conduite propre à un groupe social ou à une société qui régulent les comportements des individus par des sanctions (positives ou négatives) formelles (juridiques) ou informelles (sociales).

Définition de “Valeurs”: Idéaux collectifs d’une société ou d’un groupe, auxquels sont adossées les normes.

Deux instances explicitement socialisatrices: l’école et la famille.

Autres instances implicitement socialisatrices: les associations, les groupes de pairs, les médias…

Il y a une pluralité des processus de socialisation:

  • Inculcation: transmission explicite et contrainte par les agents socialisateurs assorties de sanctions positives et de sanctions négatives.

Ex: “Respecte tes professeurs”; “Dis bonjour à la dame”

  • Pratiques directes: incorporation de façons de faire, de penser et d’être par la pratique d’activités récurrentes

Ex: un enfant va régulièrement au musée avec ses parents; un individu joue dans une équipe de football

  • Imprégnation: Lente intériorisation par l’agent socialisé de façons de faire, de penser et d’être lors des milliers d’interactions du quotidien. 

Ex: les goûts cinématographiques évoluent par les interactions dans son couple ou avec ses pairs.

  1. Comment distinguer la socialisation primaire de la socialisation secondaire?
  • Socialisation primaire

La socialisation de l’individu se fait tout au long de sa vie, de la naissance à son plus vieil âge. Mais les grandes valeurs et les grandes normes de la vie sont intégrées pendant l’enfance et l’adolescence: c’est la “socialisation primaire”.

Lire le texte Robinson ou la vie sauvage (extrait Muriel Darmon)

Lire le texte Les frères et soeurs, acteurs de la socialisation primaire

→ Emile Durkheim (1858-1917)

Un des fondateurs de la sociologie moderne en France.

Selon Durkheim, l’enfant est particulièrement impressionnable et l’éducation est un élément-clé de la socialisation primaire. 

Dans Education et sociologie, il écrit: “Entre les virtualités indécises qui constituent l’homme au moment où il vient de naître, et le personnage très défini qu’il doit devenir pour jouer dans la société un rôle utile, la distance est donc considérable. C’est cette distance que l’éducation doit faire parcourir à l’enfant”. 

Ecoutez Durkheim et lire pour en savoir plus (France Culture+Lumni)

  • Socialisation secondaire

Lire le texte de Muriel Darmon

→ en quoi l’analogie entre socialisation et apprentissage des langues est-il pertinent?

Définition “Sociologie secondaire”: Ensemble des processus de socialisation de l’adulte qui se fonde sur les acquis de la socialisation primaire, les prolonge et éventuellement les transforme.

Instances de la sociologie secondaire: les mêmes que celles de la socialisation primaire (famille, associations, pairs, médias) + d’autres comme le travail, le couple, la famille créée. 

Concepts complémentaires:

  • La socialisation de renforcement prolonge les apprentissages et les dispositions acquis lors de la socialisation primaire.
  • La socialisation de transformation (ou de rupture) modifie tout ou en partie les acquis de la socialisation primaire. Des accidents de la vie, des conflits de socialisation peuvent remettre en question la socialisation primaire.

INTERVIEWS

La jeunesse (phase transitoire entre l’enfance et l’âge adulte) se caractérise par des situations et des socialisations hétérogènes. “La jeunesse n’est qu’un mot” (Pierre Bourdieu). Elle évolue dans le temps (déclin du mariage, recul de l’âge de la mise en couple) et dans l’espace (devenir adulte recoupe des réalités différentes selon les pays). 

La socialisation secondaire, à l’image des socialisations professionnelle, conjugale ou politique, permet l’intériorisation de nouvelles normes et valeurs liées aux nouvelles identités en construction de l’individu. 

  1. Comment les configurations familiales agissent-elles sur la socialisation primaire?

Lire les textes La famille et la socialisation de l’enfant

  • Le niveau économique et social des parents joue un rôle clé

Lire l’article Réussite scolaire

Film “Les bonnes conditions” de Julie Gavras

La socialisation familiale exerce une influence déterminante sur l’ensemble des individus. Mais ses effets diffèrent selon les configurations familiales dans lesquelles les individus sont socialisés. 

Exemples:

  • La catégorie socio-professionnelle des parents
  • Le niveau de diplôme des parents
  • L’origine migratoire
  • Le statut conjugal
  • La composition de la fratrie et de la place de l’enfant
  • La socialisation familiale genrée

Définition Genre: composante sociale assignée à un individu en fonction de son sexe

Lire 2 textes: Le genre, une construction sociale + Une socialisation familiale genrée

Voir les vidéos: 

  • Filles-Garçons, préjugés à la récrée 
  • Pourquoi le rose c’est pour les filles?

Définition Identité de genre: façon dont les individus intériorisent leur identité individuelle au regard des deux sexes définis et des rôles sociaux qui y sont associés. Cette identité peut être transgressée par des individus adoptant des attitudes associées à l’autre sexe.

  1. Comment se construisent les préférences politiques au cours de la socialisation?

Les enfants et adolescents acquièrent leurs premières convictions politiques, sociales, philosophiques ou spirituelles d’abord à travers leurs parents. 

En majorité, les enfants perçoivent correctement l’opinion politique de leurs parents: 67%, contre 33% qui les perçoivent incorrectement.

Dans ces 67%, 49% des enfants adoptent les opinions de leurs parents. 18% les rejettent. 

Lire le texte “Des opinions politiques à l’âge adulte déjà en constitution pendant l’enfance”

Evidemment, on peut changer d’opinion politique plusieurs fois dans sa vie, en fonction des études supérieures, de sa carrière professionnelle, des gens que l’on côtoie. 

Exemple: comment la conscience environnementale peut-elle s’acquérir?

Voir le tableau Indice d’engagement dans 22 pays européens

Voir le film “Famille, dispute et politique”. 

  1. Quelles sont les différentes modalités de la socialisation conjugale?

Voir Extrait “When Harry met Sally”

La socialisation a lieu également à l’intérieur du couple. Comment les interactions, la négociation, les échanges se passent-ils et quelles conséquences ont-ils dans la vie quotidienne du couple et/ou de la famille?

Voir le tableau Qui se ressembl

e s’assemble?

Lire l’article “Quand la différence sociale fragilise le couple”

Lire le texte Les territoires négociés de l’intimité dans le couple

Outre les objets comme l’ordinateur, la question des amis différents, des goûts, des pratiques différentes chez les partenaires  posent question.

Débat : la socialisation conjugale est-elle nécessairement en contradiction avec la socialisation primaire de l’individu? ici

  1. En quoi l’univers professionnel participe-t-il à la socialisation secondaire?

A l’âge adulte, la socialisation se poursuit. Elle n’a plus le cadre du foyer avec les parents et de l’école, mais celui des études supérieures (ou l’apprentissage) et du lieu de travail, où l’on passe la plus grande partie de sa journée.

Lire le texte Comment devenir chirurgien en internat?

ici

Exemple du métier d’avocat (3 photos + 1 texte)

Voir la vidéo “le télétravail ou la fin de la socialisation au travail”

6) Comment se construisent les trajectoires paradoxales?

La socialisation tout au long de la vie est donc l’acquisition de normes et de règles. Un individu est “conditionné” par de nombreux facteurs parfois très prévisibles (influence des parents, milieu économique et social, pensée politique…).

Cependant, il existe des changements de trajectoire.

Exemples:

Emmanuel: Diplômé Docteur en physique–Ingénieur de recherche (5 ans)–Jardinier (depuis 3 ans)

Virginie: Etudes Compta-Gestion–Créatrice d’objets décoration (3 ans)–Chauffeuse bus (depuis 5 ans)

Régine: Assistante de direction–déménagement à l’étranger–danseuse

BILAN SOCIALISATION

Voir le schéma

11FB: SPECIALITE SES

COMMENT SE CONSTRUISENT ET ÉVOLUENT LES LIENS SOCIAUX?

Introduction

Définition Lien social:

L’ensemble des relations qui unissent des individus entre eux au sein d’un groupe social ou à l’échelle d’une société. Les liens sociaux permettent d’assurer l’intégration sociale des individus en renforçant les valeurs communes et en permettant aux individus d’acquérir une identité sociale.

  1. Quels sont les critères de construction de la nomenclature des PCS?

On compte environ 500 professions différentes en France, recensées par l’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques).

L’INSEE a réalisé une nomenclature de Professions et Catégories Socioprofessionnelles: les PCS . (Nomenclature= classement, répertoire)

  • Les secteurs d’activité

Primaire: Agriculture (3% des actifs)

Secondaire: Industrie (18% des actifs)

Tertiaire: Services (79% des actifs)

  • Salariés vs. indépendants/professions libérales
  • Taille de l’entreprise
  • Qualification du travailleur (diplôme, expérience)

Voir tableau Répartition des personnes en emploi au sein de la nomenclature PCS

Voir tableau Construction des PCS par classification des professions

  1. Quels liens les individus tissent-ils au sein des groupes sociaux?

C’est LA grande question, parfois mystérieuse, de ce chapitre: quel type de liens construisons-nous? Avec qui? Comment? 

  • Définition Groupe social: Ensemble d’individus qui entretiennent des relations entre eux, qui ont conscience d’appartenir à un même groupe et qui sont reconnus comme tel par les autres groupes.

Voir le graphique La diversité des liens perçus par les Français

Résumé: “Qu’est-ce qui favorise le plus les rencontres et les échanges entre français?”

  • Sport et loisirs
  • Travail
  • Fêtes avec des amis
  • Le couple et les PCS

Voir le tableau “Qui se ressemble s’assemble”?

Les hommes et les femmes ont tendance à se mettre en couple avec des gens de la même catégorie sociale ou du même statut (ou un statut proche) professionnel.

A l’intérieur du couple, des phénomènes de solidarité peuvent avoir lieu: l’un des deux individus peut avoir un salaire supérieur à l’autre. L’autre peut aider d’une autre manière (émotionnelle, logistique…)

  • L’importance de la famille

L’aspect solidarité de la famille est essentiel. Dans une société plus brutale et avec des situations économiques plus instables, le rôle des parents, des frères et sœurs demeure essentiel.

Voir les 2 textes sur L’importance des liens familiaux

  • L’utilité des associations

Définition “Association” (Loi 1901): 

« l’association est la convention par laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en commun, d’une façon permanente, leurs connaissances ou leur activité dans un but autre que de partager des bénéfices… »

En France, on compte 1,5 million d’associations (chiffre 2018) et 35% des Français se disent engagés d’une façon ou d’une autre dans une association.

Voir le texte “Le dynamisme du tissu associatif”

Voir la vidéo: Solidays: Pourquoi les jeunes s’engagent?

  • Synthèse:
Types de liensFormes de protectionFormes de reconnaissance
Lien de filiation (entre parents et enfants)Compter sur la solidarité intergénérationnelleProtection rapprochéeCompter pour ses parents et ses enfantsReconnaissance affective
Lien de participation élective (conjoints, amis)Compter sur la solidarité de l’entre-soi électifProtection rapprochéeCompter pour l’entre-soi électifReconnaissance affective ou par similitude
Lien de participation organique (vie professionnelle)Emploi stableProtection contractualiséeReconnaissance par le travail et l’estime sociale
Lien de citoyenneté (membres d’une même communauté politique)Protection juridique (droits civils, politiques, sociaux) au titre du principe d’égalitéReconnaissance de l’individu souverain
  1. Nos sociétés deviennent-elles de plus en plus individualistes?
  • “L’individualisation”

Définition: Processus d’autonomisation et de différenciation des individus dans les différentes sphères de la vie sociale.

Exemples de facteurs d’individualisation:

  • le prénom
  • la consommation individualisée (chaussures, voitures)

Lire le texte: L’individualisation, un processus ambivalent

L’individualisation est donc un phénomène ambigu: il peut servir à se distinguer, à s’épanouir. Mais aussi, pour certains, à se couper de son groupe ou de la société. 

  • La solidarité

Voir l’étude sur le sentiment de solitude parmi les jeunes

Voir la vidéo: Solitude: les voisins comme réponse à l’isolement

Quels autres exemples de solidarités sociales pouvez-vous nommer?

Lire le texte sur la solidarité mécanique et organique selon Emile Durkheim

Définitions:

Solidarité mécanique: Solidarité reposant sur la similitude des personnes, du fait d’une faiblesse de la division du travail caractéristique des sociétés anciennes.

Solidarité organique: Solidarité reposant sur la complémentarité des individus, du fait d’une division du travail très poussée, caractéristique des sociétés modernes.

  1. De quelle façon les sociabilités numériques créent-elles du lien social?

Il existe un préjugé tenace: les réseaux sociaux affaiblissent les relations sociales. 

Qu’en est-il réellement?

  • Comment utilise-t-on le numérique pour communiquer?

Voir le tableau Communications numériques et liens sociaux

Tout le monde n’est pas connecté de façon égale:

14% des Français n’ont ni ordinateur, ni tablette, ni smartphone

17% des Français n’ont pas de connexion internet à domicile, dont:

24% des habitants de petites communes (-2000 habitants)

41% de personnes seules

52% de plus de 70 ans

48% de non diplômés.

  • Une nouvelle façon de créer du lien social?

Lire la présentation du livre “Les liaisons numériques: vers une nouvelle sociabilité” d’Antonio Casilli

Vidéo: l’exemple de la plateforme solidaire Ekin, qui tisse du lien social entre France et Espagne autour de la frontière.

  1. Quels facteurs peuvent mener à la disparition de liens sociaux?
  • Les phénomènes de précarité, de désaffiliation, sont bien connus des sociologues. Quels échecs de notre société mettent en péril le lien social?


Définition Précarité: Situation de fragilité et/ou d’instabilité par rapport à l’emploi et/ou au travail, ou encore par rapport au logement ou au statut familial.

Définition Désaffiliation: Processus d’exclusion sociale lié à une précarisation voire à une absence d’emploi couplé à un isolement progressif.

Seuil de pauvreté en France: personnes vivant avec un revenu de moins de 1030 euros/mois (=60% du revenu médian).

En 2018, 39% des Français affirment vivre ou avoir vécu une situation de pauvreté. 

Lire le texte Sans-domicile fixe: des profils variés

Voir la vidéo: Le Samu social de Rouen

  • Sans être dans la précarité économique, il y a des situations de précarité psychologique. La solitude n’épargne personne.

Voir la vidéo de l’association Astrée

Lire le texte Les principales causes de la solitude

11FB: SPECIALITE SES

QUELS SONT LES PROCESSUS SOCIAUX QUI CONTRIBUENT A LA DEVIANCE?

Introduction

Définition Déviance: Ensemble des comportements qui s’écartent de la norme sociale prescrite et qui font l’objet d’une sanction.

Définition Délinquance: Actes déviants socialement réprouvés et passibles d’une sanction pénale. Les sanctions encourues se distinguent selon la gravité de l’acte (infraction soumise à une contravention, délit, crime) et selon les pays.

Quelles sont les formes du contrôle social?

Quelles sont les formes de la déviance?

Quelles sont les analyses de la déviance?

Comment mesurer la délinquance?

  1. Quelles sont les formes du contrôle social?
  • Qu’est-ce que le contrôle social?

Définition “Contrôle social”: Ensemble des moyens assurant la conformité des comportements des individus aux normes prescrites par la société.

  • Institutionnel: la Justice. Un individu qui commet un crime ou un délit est sanctionné par une amende ou la prison.
  • Familial: un enfant peut être puni s’il ne respecte pas les règles de la maison (finir son repas, fait une bétise…)
  • Social: règles scolaires, professionnelles…

Lire le texte “Qu’est-ce que le contrôle social”?

  • Normes “juridiques” vs. normes “sociales”

Voir le schéma “Contrôle social”

Définition “normes juridiques”: règles formelles dont la transgression appelle l’application de sanctions préalablement établies et prises en charge par des institutions spécialisées (police, justice, conseil de l’ordre…)

Définition “normes sociales”: règles informelles, usages, propres à un groupe social. Leur transgression soumet l’individu à des sanctions informelles (moqueries, mise à l’écart, remontrances…)

Lire le texte “la tyrannie” de la minceur

Voir la vidéo “Crédit social en Chine”

  1. Quelles sont les formes de la déviance?
  • Revoir les définitions de l’introduction “déviance” et “délinquance”

Lire le texte “Différentes perceptions de la déviance”

ici

  • Exemple de l’interruption volontaire de grossesse (IVG, avortement). 

Voir la carte et la chronologie.

  • Autres exemples de déviances ou de stigmatisation sociale
  • Les bandes (déviance)
  • Le fumeur (devenu une déviance)
  • Le choix d’une vie sans enfant (un risque de stigmatisation sociale)

Voir la vidéo: L’histoire et l’image sociale du tabac

  1. Quelles sont les analyses de la déviance?

La déviance fait l’objet de plusieurs formes d’analyses. Et de perception. 

Lire le texte sur l’anomie.

Définition: Notion introduite par le sociologue Emile Durkheim qu’il définit comme un “état dans lequel il y a carence ou déficience de règles sociales communément acceptées, de sorte que les individus ne savent plus comment orienter leur conduite”.

De la déviance à la délinquance: lire le texte

  1. Comment mesurer la délinquance?

Voir les quatre graphiques sur la délinquance 

1- Crimes et délits constatés et leur évolution

2-Des dépôts de plainte très variables selon les crimes et délits

3- Evolution des actes de vandalisme et de dégradation

4- Victimisation, insécurité et territoire en Ile-de-France

Voir la vidéo France 2: Les chiffres de la délinquance reflètent-ils la réalité?

→ Exercice Type EC2: “Présentez et interprétez les graphiques sur la délinquance”

ici

En conclusion, il est difficile, complexe, d’évaluer la délinquance à cause de la multiplicité des chiffres, de leur origine et du décalage entre le ressenti et les résultats de la Justice, souvent très lente.

11FB SPECIALITE SES

COMMENT L’ASSURANCE ET LA PROTECTION SOCIALE CONTRIBUENT-ELLES A LA GESTION DES RISQUES DANS LES SOCIÉTÉS MODERNES?

Introduction: Vidéo “La protection sociale”

La “protection sociale” désigne tous les mécanismes de prévoyance collective, permettant aux individus de faire face aux conséquences financières des risques sociaux.

La protection sociale repose sur des prestations sociales, versées directement aux ménages en espèces (pensions de retraite) ou en nature (remboursement des soins de santé). Elle fournit aussi des services à prix réduits ou gratuitement (hôpitaux, crèches).

1- Quels sont les risques économiques et sociaux?

Les risques font partie de la vie quotidienne. Les agents prennent des décisions qui engagent l’avenir et cet avenir n’est jamais certain. 


Les principaux risques économiques et sociaux affectent la situation financière des individus et des familles: maladie, perte d’emploi, vieillesse, accidents.

Def Risque: possibilité qu’un événement se produise. Au sens strict, il y a risque lorsque cette possibilité est calculable, par opposition à l’incertitude.

Def Risque social: possibilité que survienne un événement affectant négativement la situation économique et sociale d’un individu.

Lire texte: “qu’est-ce que le risque?”

  • Exemple 1: Le chômage

Def Chômage: Situation d’une personne qui souhaite exercer une activité rémunérée, est en mesure de le faire, mais n’a pas d’emploi. 

Lire texte: Les conséquences économiques du chômage

Voir 3 portraits de chômeurs en vidéo

  • Exemple 2: Le coût des accidents de la circulation

Le coût de la vie humaine est fondé sur la perte de production induite par la disparition d’un citoyen ou la réduction de ses capacités productives.

Un décès est estimé à 3,24 millions d’euros en 2016 selon la ligue de la violence routière.

Voir le graphique sur le coût des accidents de la circulation

  • Exemple 3: Le risque dépendance

La vieillesse et la dépendance des personnes âgées sont un nouvel enjeu pour la collectivité. La société doit prendre en compte des dépenses de longue durée.

Voir le tableau sur les dépenses de soins pour les personnes âgées

Synthèse: Au total, les risques pris en charge par la protection sociale en France représentent de plus de 700 milliards d’euros par an.

Voir le graphique “Les risques couverts par la protection sociale en France”

2- Quelles attitudes face aux risques?

L’attitude des individus face au risque est dominée par l’aversion au risque; qui incite à faire des choix peu risqués. 

Cette aversion varie selon la situation de chacun (niveau de revenu, charge de famille) et selon la personnalité des individus.

Déf “Aversion au risque”: comportement des agents qui accordent une grande importance à la possibilité qu’un risque se réalise.

Lire le texte sur le paradoxe de Saint-Petersbourg

Déf “Conduite à risque”: situation dans laquelle un individu se met en danger

Exemples de conduites à risque: vols, addictions aux jeux vidéos, alcool, drogues, fugues, accidents à répétition, rapports sexuels non protégés…

Vidéo: Les jeunes sous-estiment les dangers du cannabis au volant

La gestion des risques se traduit souvent par une réglementation des comportements à risques par les pouvoirs publics dans une démarche de prévention. Mais ces réglementations peuvent réduire les libertés individuelles.

L’assurance modifie les comportements, mais cette modification est ambiguë. 

Lorsqu’on perd son emploi, la garantie d’un revenu incite à chercher un nouvel emploi ou à créer son entreprise. Mais cette garantie de revenu ne peut pas être trop élevée pour ne pas encourager à un maintien volontaire au chômage. 

La prise en charge de l’aléa moral par les assurances peut aussi inciter à l’imprudence ou à la négligence.

Def “Aléa moral”: augmentation de la prise de risque d’agents lorsqu’ils sont protégés du risque.

Débat: Faut-il maintenir la gratuité des secours en montagne?

En deux groupes, étudiez les trois textes: l’avis d’un professeur de droit, d’un acteur de l’aménagement du territoire, d’un historien (p.260-261 manuel Nathan)

3- Quelles sont les réponses adoptées face aux risques?

Les sociétés apportent des réponses variées aux risques sociaux, validant ou orientant les comportements des individus. Ces risques sociaux sont principalement de nature financière. Il faut donc leur apporter des réponses financières.

  • L’épargne

Voir le tableau “Face aux risques, l’épargne”.


Les raisons principales de l’épargne: 

  • Peur pour l’avenir de sa situation économique personnelle
  • Retraite
  • Projets d’investissement lourds à moyen terme
  • Peur pour l’avenir de la situation économique du pays
  • Excédent de revenu par rapport aux besoins personnels
  • La propriété et le patrimoine

La propriété ou une partie du patrimoine peut être vendue pour compenser une baisse de revenu ou assumer une dépense imprévue. 

Une autre solution est la mutualisation des risques, c’est-à-dire leur partage, qui peut se faire dans le cadre d’une communauté, telle que la famille ou le voisinage ou être organisée par une compagnie d’assurance.

Def “Mutualisation”: partage d’un risque, les membres d’un groupe compensant les pertes subies par l’un d’entre eux lors de la concrétisation d’un risque.

Voir le texte “Le rôle de la propriété”

  • L’assurance

Présentation de M. Duchet-Annez 

Voir le texte “Les premières assurances: le transport maritime”

Voir le texte “Les principes de l’assurance”

Les assureurs prennent en charge le risque et calculent la probabilité qu’il survienne afin de fixer le montant de la prime que devra verser l’assuré. Ils doivent diversifier les risques qu’ils assurent pour éviter que ces risques ne se réalisent tous en même temps. 

Def “Diversitivation”: Recherche d’une variété de placements ou d’activités visant à éviter que trop de risques se réalisent en même temps.

Voir le texte et le graphique “Les effets de l’absence de l’assurance sur la côte texane”

L’Etat a souvent jugé nécessaire de rendre l’assurance obligatoire, car les individus ont tendance à vivre dans le présent et à négliger les risques. 

Il est également nécessaire de pouvoir indemniser les victimes d’accident dans toutes les circonstances, ce qui suppose que l’assureur puisse se substituer au responsable de l’accident.

4- Comment s’est développée la protection sociale?

Def Protection sociale:

Ensemble constitué par la sécurité sociale, l’assurance chômage, les assurances sociales complémentaires et l’aide sociale des administrations. Il protège de certains risques, selon le principe de “chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins”.

Revoir la vidéo “La protection sociale”

A partir du XIXème siècle, la pauvreté est telle dans les pays nouvellement industrialisés que l’Etat doit imaginer un système pour protéger contre certains risques sociaux. L’idée d’organiser un système basé sur la solidarité et la redistribution s’impose. 

Selon les pays, cet “Etat social” ou “Etat providence” prend des formes variées.

  • Un système d’assurances sociales des travailleurs et de leur famille financé par des cotisations assises sur  les salaires.
  • Un système d’assistance financé par l’impôt et centré sur les plus pauvres.
  • Des prestations universelles accordées à tous sans condition de ressources et financées par l’impôt dans une logique de réduction de l’inégalité des revenus.

Le système français mêle ces trois formes, dominé par les assurances sociales.

Voir le tableau “Les trois modèles de la protection sociale”

Lire le préambule de la Constitution française

  • Le système des retraites à la française

Voir la vidéo “le système des retraites en France”

Les retraites en France sont essentiellement publiques. Les pensions dépendent du nombre d’années cotisées et du salaire moyen au cours de la carrière. 

Le système de retraite en France est organisé en trois niveaux : un régime de base obligatoire, un régime complémentaire, un régime facultatif.

Comment se calculent les retraites? 

Les régimes en annuité

Les régimes de base des salariés du secteur privé, les régimes spéciaux des salariés du secteur public et assimilés calculent les droits à la retraite sur la base du nombre d’années de cotisations : les « annuités ».

Ces calculs selon trois modèles.

  • Le régime général garantit, sous condition d’âge minimal et de durée d’assurance, 50% du salaire de référence
  • Le régime des fonctionnaires garantit, sous condition d’âge et de durée d’assurance, 75% du revenu d’activité hors primes.
  • Les régimes des professions libérales garantissent une prestation forfaitaire qui varie.

Les régimes complémentaires : le calcul en point

L’autre modèle de fonctionnement est celui des régimes complémentaires, en particulier pour les salariés du secteur privé: ce sont les régimes dits « en points ».

Chaque année, le montant des cotisations versées en fonction du “salaire de référence” est traduit en points.  Ainsi, chaque assuré peut acquérir X points au cours de sa carrière. La retraite perçue sera en fonction du nombre de points acquis ; la valeur du point est fixée chaque année par chaque régime.

  • Le système de santé à la française

Voir la vidéo “comment fonctionne le système de santé en France”

Lire le texte “assurance et assurance sociale”

  • Synthèse: La sécurité sociale

Def “Sécurité sociale”: Administrations gérant l’assurance maladie, l’assurance vieillesse et les allocations familiales.

Voir la vidéo Sécurité sociale 

Voir le tableau historique “Le Mutualisme, préfiguration de la Sécurité sociale en France”

11FB: SPECIALITE SES

COMMENT SE FORME ET S’EXPRIME L’OPINION PUBLIQUE?

Introduction:

L’expression “opinion publique”.


Elle remonte au XVIIIème siècle, où elle qualifiait l’opinion rendue publique par l’élite sociale du pays. 

Evidemment, le peuple avait aussi des opinions, mais elles n’étaient pas prises en compte par les gouvernements.

Définitions:

Opinion: avis, impression, croyance individuelle.

Public: ce qui concerne le peuple, s’oppose à privé, n’est pas secret, est connu de tous.

Démocratie d’opinion: prise en considération dans l’exercice du pouvoir de l’expression spontanée des avis des citoyens sous forme d’une opinion publique.

Démocratie représentative: exercice du pouvoir par les représentants du peuple pour le peuple et désignés lors des élections par le peuple.

Sondage: enquête statistique visant à donner une indication quantitative, à une date déterminée, des opinions, souhaits, attitudes ou comportements d’une population par l’interrogation d’un échantillon.

  • Comment passe-t-on d’une opinion affichée par les élites à celle du plus grand nombre?
  • Les sondages permettent-ils d’appréhender l’opinion publique?
  • Comment le recours aux sondages d’opinion influence-t-il la vie politique?
  1. Comment passe-t-on d’une opinion affichée par les élites à celle du plus grand nombre?

Dans l’Ancien Régime, la gouvernance du pouvoir public s’est modernisée en tentant, de plus en plus, de prendre en compte l’opinion du peuple. 

Les “Etats généraux” et les “cahiers de doléances” étaient des outils au service du roi pour “prendre le pouls” de la population. 

Mais qui s’exprime vraiment publiquement, à l’époque? L’élite intellectuelle et politique.

Lire le texte “Qui exprime publiquement son opinion au XVIIIe?”

Avec la naissance (fragile) de la démocratie, après la Révolution française, la notion d’opinion publique évolue. 

  • Lien entre le droit de vote et la construction d’une opinion publique

1791: le droit de vote est restreint aux “citoyens actifs” (hommes de + de 25 ans payant le cens, un impôt direct égal à la valeur de trois journées de travail)

1792: brève application du suffrage universel masculin pour élire la Convention

1795: le suffrage est indirect car les citoyens du 1er degré élisent les électeurs du 2e degré qui, à leur tour, élisent les députés à l’Assemblée nationale

1799: Consulat: le suffrage universel masculin est sous condition d’âge (+ de 21 ans) et de résidence (un an sur le territoire)

1815: Restauration: rétablissement du suffrage censitaire (seuls les hommes de 30 ans payant un impôt direct de 300 francs ont le droit de vote)

1820: La loi électorale permet aux électeurs les plus imposés de voter deux fois

1848: IIe République: le suffrage universel masculin est adopté

1945: Droit de vote accordé aux femmes (aux Etats-Unis en 1920).

Par conséquent, ce lien entre le droit de vote et l’opinion publique est crucial. 

  • La construction d’une opinion

Plusieurs “lieux” de débat et d’éducation aident à forger une opinion personnelle, puis une opinion publique plus générale.

  • L’école républicaine (à partir des années 1880 sous sa forme gratuite, obligatoire et laïque)
  • La presse et les médias (à partir de la loi de 1881 sur la liberté de la presse). Jusqu’à 9 millions d’exemplaires de presse quotidienne tirés dans les années 1910.

L’exemple de l’Affaire Dreyfus et l’article “J’accuse”, d’Emile Zola, dans “L’Aurore” le 13 janvier 1898. 

Voir la vidéo “L’Affaire Dreyfus” (9 minutes)

Dans le cas d’une dictature, la censure joue un rôle important. La presse libre est interdite et cela impacte l’expression de l’opinion publique.

Voir l’exemple du Portugal entre 1926 et 1974

  1. Les sondages permettent-ils d’appréhender l’opinion publique?

Les sondages d’opinion se multiplient sur tous les médias, au cours des campagnes électorales mais aussi pour déterminer la position des citoyens sur les grandes questions de société. 

Ces sondages sont commandités par des médias ou des groupes, sur un sujet spécifique, et cherchent à évaluer au plus juste l’avis d’un échantillon représentatif de la population.

  • Historique: les premières tentatives pour saisir l’opinion publique

Voir le texte “Premières tentatives pour saisir l’opinion publique”

  • Comment se réalise un sondage?

Les instituts de sondage utilisent deux méthodes pour questionner la population

  • La méthode aléatoire: les personnes interrogées sont tirées au sort (hasard)
  • La méthode des quotas: les personnes interrogées présentent les mêmes caractéristiques que la population étudiée (âge, sexe, catégorie socio-professionnelle). C’est un “échantillon représentatif” de la population.

Pour autant, un sondage peut-il être fiable à 100%? Non. On quantifie une “marge d’erreur”. Celle-ci est réduite sur l’échantillon de la population lorsqu’il est assez grand (supérieur à 1000 personnes). 

Voir le tableau “Comment les sondages sont-ils faits?- Technique des quotas”

La formulation des questions peuvent-elles influencer les réponses? Exemple réalisé par l’émission “Envoyé spécial” en 2017 avec un institut de sondage:

Formulation A: “Etes-vous personnellement favorable à l’accueil par la France de milliers de migrants en provenance du Moyen-Orient et d’Afrique”?

Réponse: 64% défavorable.

Formulation B: “Etes-vous personnellement favorable à l’accueil par la France de familles de réfugiés qui fuient la guerre et les massacres dans leur pays d’origine?”
Réponse: 47% défavorable.

D’autres questions se posent: 

  • La somme des opinions individuelles aboutit-t-elle à l’opinion moyenne?
  • L’opinion individuelle est-elle figée?
  1. Comment le recours aux sondages d’opinion influence-t-il la vie politique?

En période de campagne électorale, les sondages peuvent influencer les électeurs. En France, ils sont interdits dans les deux derniers jours précédant l’élection.

Voir vidéo “L’impact des sondages sur l’élection présidentielle depuis 1995”

Voir le graphique “Quels écarts entre les enquêtes d’opinion et les scrutins”

En période non-électorale, le gouvernement et l’opposition s’appuient sur les sondages pour certaines de leurs décisions ou prises de position.

Voir l’exemple après l’abolition de la peine de mort en 1981

Discours de Robert Badinter

Voir l’exemple du recul du gouvernement après les manifestations contre le CPE en 2006
ici

EXERCICE: Réaliser un sondage au lycée.

6 étapes:

  • Choisir un thème à questionner
  • Construire le questionnaire (4 ou 5 questions)
  • Choisir qui interroger
  • Réaliser le sondage
  • Faire les calculs
  • Divulguer la synthèse de l’enquête

11FB: SPECIALITE SES

VOTER: UNE AFFAIRE INDIVIDUELLE OU COLLECTIVE?

Introduction

La France est une démocratie. Le peuple souverain s’exprime par une série d’élections locales, nationales et européennes.

Pour voter, il faut avoir 18 ans et être inscrit sur les listes électorales. 

Mais l’abstention augmente et nous constatons aussi de la “volatilité électorale”: cela peut être vu comme un dysfonctionnement de la démocratie. 

  • Comment mesure-t-on la participation électorale des citoyens?
  • Comment peut-on expliquer la diminution de la participation électorale?
  • Comment se détermine le vote?
  • Comment peut-on expliquer la volatilité électorale?
  • Débat: faut-il rendre le vote obligatoire?
  1. Rappels fondamentaux

La France est une République. La Constitution de la Ve République détermine qu’il y a trois pouvoirs séparés et qu’il s’équilibrent: 

  • L’exécutif (le président et le gouvernement)
  • Le législatif (l’Assemblée nationale et le Sénat)
  • Le judiciaire (le Conseil constitutionnel et les cours de justice)

Les représentants nationaux élus au suffrage universel sont: les députés, les sénateurs, le président de la République.

Les représentants locaux élus au suffrage universel sont : les conseillers municipaux et le maire, les conseillers départementaux, les conseillers régionaux.

Les représentants européens élus au suffrage universel sont les députés européens (le Parlement européen siège à Strasbourg et Bruxelles)

  1. Comment mesure-t-on la participation électorale des citoyens?

Voir le graphique Taux d’inscription selon le sexe et l’âge

Voir la carte Taux d’inscription par région

Voir le texte Qui sont les non-inscrits?

Voir le film “Premier vote”

Définitions

Participation électorale: comportement d’un électeur inscrit exerçant son droit de vote.

Taux d’inscription sur les listes électorales: rapport entre le nombre d’inscrits et la population électorale potentielle.

Taux d’abstention: rapport entre le nombre d’abstentionnistes et le nombre d’inscrits

Taux de participation: rapport entre le nombre de suffrages exprimés (blancs et nuls compris) et le nombre d’inscrits.

3) Comment peut-on expliquer la diminution de la participation électorale?

Voir le graphique sur l’évolution du taux de participation

  • L’abstention augmente

On constate une baisse globale du nombre de votants entre 1967 et 2017, bien que pour l’élection présidentielle et les élections municipales, le niveau de participation reste assez élevé (au-dessus de 65%).

Qui sont les abstentionnistes? 

Voir le tableau sur la sociologie de l’abstention au 1er tour de la présidentielle de 2017.

Mais il y a une nuance entre les abstentionnistes “dans le jeu politique” et ceux “hors du jeu politique”. Lire le texte.

L’abstention peut s’expliquer de plusieurs raisons. Lire le texte.

  • Raisons d’empêchement personnelles
  • Manque d’intérêt pour la politique
  • Insatisfaction du choix politique
  • Abstentionnisme “doctrinal”

Regarder la vidéo “Abstention: premier parti de France”

  • Le vote blanc ou nul: est-ce une forme d’abstention?

Le vote blanc: enveloppe vide ou avec un papier blanc.

Le vote nul: enveloppe avec bulletin déchiré, annoté…

C’est différent de l’abstention, car le citoyen se déplace pour voter et protester. 

L’abstention est calculée par rapport au nombre des inscrits.

Le vote nul ou blanc est calculé par rapport au nombre des votants.

Voir le graphique.

4) Comment se détermine le vote?

Les facteurs qui entrent en compte dans le choix d’un citoyen pour voter sont multiples. 

Evidemment, il y a:

  • Les idées politiques (“l’identification partisane”)
  • La personnalité des candidats

Mais il y a des raisons plus complexes, liées à la sociologie.

Voir tableau sur les principaux déterminants sociologiques du vote (présidentielle 2017)

Voir les 2 tableaux sur le vote des électorats confessionnels et par catégories sociales

5) Comment peut-on expliquer la volatilité électorale?

Le vote n’est pas une science exacte. C’est un acte de conscience et chaque individu peut évoluer dans ses convictions politiques, pour de multiples raisons (familiales, sociologiques, économiques…)

  • L’indécision

La décision de “pour qui voter” peut se faire très longtemps en avance ou au tout dernier moment. On peut aussi choisir au tout dernier moment. 

Voir le graphique “Des électeurs indécis”

Chaque électeur se positionne politiquement tout au long de sa vie de citoyen. On se sent “à gauche”, “au centre” ou “à droite”. Parfois, aux “extrêmes”.

Mais ce choix intime est une combinaison de plusieurs facteurs. 

Voir le texte “le vote, un compromis personnel”

On parle aussi parfois “d’électeur stratège” qui fait des choix très réfléchis, pour des résultats différents.

  • La pertinence du clivage gauche-droite

Dans les démocraties européennes, la fin du bloc communiste avec chute de l’URSS en décembre 1991, a bousculé le paysage de la gauche. Et l’accélération de la mondialisation a bouleversé le rapport au progrès et à l’argent en général. 

En résumé, le clivage gauche-droite, clairement identifié pendant des décennies, est beaucoup plus flou aujourd’hui. 

Valeurs de la gauche: le progrès, l’humanisme et le respect de l’individu, la justice sociale et l’égalité des chances, la laïcité, la solidarité

Valeurs de la droite: la libre entreprise, la réussite individuelle par le travail et l’enrichissement personnel, l’autorité et l’ordre, la nation, la famille, la religion

Autres valeurs revendiquées par les deux camps: la sécurité, la liberté et la justice, l’environnement

Voir les 2 vidéos sur la différence gauche-droite

Aujourd’hui, on remarque une montée de l’extrême gauche et de l’extrême droite, et un retour en force du centre (élection d’E. Macron).


Voir le graphique “Un clivage gauche-droite moins pertinent”

  • Les enjeux déterminants du vote

Souvent, on vote en fonction de ce que l’on pense être prioritaire pour soi ou pour le pays: l’emploi, l’environnement, l’économie, etc.

Voir le graphique “Les enjeux déterminants pour le vote à la présidentielle 2017”

Débat: Faut-il rendre le vote obligatoire?

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